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Résuméde Les Aventures de Tom Sawyer. Extrait : "— Tom ! Pas de réponse. — Tom Sawyer ! Pas de réponse. — Où donc a-t-il pu se cacher ? Ah ça, te montreras-tu, mauvais garnement ? La vieille dame qui s'exprimait ainsi
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CHAPITREPREMIER « Tom ! » Pas de réponse. « Tom ! » Pas de réponse. « Je me demande où a bien pu passer ce garçon Allons, Tom, viens ici ! » La vieille dame abaissa ses lunettes sur son nez et lança un coup d’œil tout autour de la pièce, puis elle les remonta sur son front et regarda de nouveau. « Si je mets la main sur toi
LaCase de l’oncle Tom 1884 Mark Twain, Les Aventures de Huckleberry Finn 1910 Mort de Mark Twain 1876 Mark Twain, Les Aventures de Tom Sawyer L’Amérique au temps de Tom Sawyer La conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or • Au xixe siècle, les colons, qui occupent seulement quelques États américains à l’est, cherchent à
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LesAventures de Tom Sawyer On décembre 25, 2021 by admin Résumé – Chapitre 1 : Tom joue, se bat et se cache . Séparer la verge et châtier l’enfant, comme le dit le Bon Livre. Je prépare le péché et la souffrance pour nous deux, je sais. Il est plein de vieilles peaux, mais c’est le fils de ma soeur morte, le pauvre, et je n’ai
AventuresDe Tom SawyerTom Sawyer Est Le Premier Roman Que Mark Twain Ecrit Seul Il Est Publie En 1876 Dabord En Angleterre En Juin Puis Aux Etats Unis En Decembre The Adventures Of Tom Sawyer Is An 1876 Novel By Mark Twain About A Young Boy Growing Up Along The Mississippi Riverit Is Set In The 1840s In The Town Of St Petersburg Which Is Based On
LesAventures; Tarifs; tom sawyer chapitre 2 résumé CHAPITRE XIV. Las Aventuras de Tom Sawyer Resumen y Análisis de Capítulo 4. De nombreux autres Tom Sawyer lives with his Aunt Polly and half-brother, Sidney, in the town of St. Petersburg, Missouri. Œuvre du domaine public. Les aventures de Tom Sawyer . Tom », lança-t-elle, assez
lesaventures de tom sawyer résumé de chaque chapitre. la maman de Lucien, Les C'est incroyable où ce garçon aurait pu aller! Después de muchos días, cuando ya habían perdido toda esperanza, Tom ve luz y conduce a Becky al exterior. Les aventures de Tom Sawyer [340 pages, 21 euros] Les aventures de Huckleberry Finn [444 pages, 24 euros] – Nouvelle traduction
LesAventures de Huckleberry Finn par Mark Twain. Ce roman est raconté à la première personne du point de vue de l'adolescent Huckleberry Finn. Il commence le livre en récapitulant ce qui s'est passé dans la préquelle, Les aventures de Tom Sawyer; puis il dit au lecteur qu'il vit actuellement avec la veuve Douglas parce que son père, qu
Résuméet analyse Chapitre 1 SommaireLe roman commence par Huck Finn se présenter et référencer Les aventures de Tom Sawyer. "Vous ne savez pas pour moi", raconte Huck, "sans avoir lu un livre du nom de "Les aventures de Tom Sawyer", mais ce n'est pas grave." Il dit aux lecteurs que, pour la pl
Celivre est destiné à un public de romance. Les personnes qui seront intéressés par ce livre sont celles qui aiment les histoires rocambolesques et pleines d’action. Points forts : L’histoire est originale ; Les personnages sont attachants ; L’écriture de l’auteur est fluide; Points faibles : Le personnage principal est antipathique
Illui semblait que la récréation de midi n’arriverait jamais. Il n’y avait pas un souffle d’air. Rarement la chaleur avait plus incité au sommeil. Le murmure des vingt-cinq élèves qui
KKNen. Le samedi était venu. La nature entière resplendissait de fraîcheur et débordait de vie. Les cœurs étaient en fête et toute la jeunesse avait envie de chanter. Les visages s’épanouissaient, tout le monde marchait d’un pas léger. Les caroubiers en fleur embaumaient l’air. La colline de Cardiff verdoyait à l’extrémité du village et semblait inviter les gens à la promenade et à la rêverie. Tom sortit de la maison armé d’un baquet de lait de chaux et d’un long pinceau. Il examina la palissade autour du jardin. Toute joie l’abandonna et son âme s’emplit de mélancolie. Trente mètres de planches à badigeonner sur plus d’un mètre et demi de haut ; la vie n’était plus qu’un lourd fardeau. Il poussa un soupir, trempa son pinceau dans le baquet, barbouilla la planche la plus élevée, répéta deux fois la même opération, compara l’insignifiant espace qu’il venait de blanchir à l’immense surface qu’il lui restait à couvrir, puis, découragé, il s’assit sur une souche. À ce moment, Jim s’avança en sautillant, un seau vide à la main et chantant à tue-tête Les Filles de Buffalo. Jusque-là, Tom avait toujours considéré comme une odieuse corvée d’aller chercher de l’eau à la pompe du village, mais maintenant, il n’était plus de cet avis. Il se rappelait qu’autour de la pompe, on rencontrait beaucoup de monde. En attendant leur tour, les Blancs, les mulâtres, les nègres, garçons et filles, flânaient, échangeaient des jouets, se querellaient, se battaient ou se faisaient des niches. Et il se rappelait également que la pompe avait beau n’être qu’à cent cinquante mètres de la maison, Jim mettait au moins une heure pour en revenir avec son seau. Hé ! Jim, fit Tom, je vais aller chercher de l’eau pour toi si tu veux donner un coup de pinceau à ma place. » Jim secoua la tête. J’peux pas, missié Tom. Ma maîtresse elle m’a dit d’y aller et de ne pas m’arrêter en route. Elle m’a dit que missié Tom il me demanderait de repeindre la clôture et qu’il fallait pas que je l’écoute. Elle a dit qu’elle surveillerait elle-même le travail. – Ne t’occupe donc pas de ce qu’elle dit, Jim. Tu sais bien qu’elle parle toujours comme ça. Passe-moi le seau. J’en ai pour une minute. Elle ne saura même pas que je suis sorti. – Oh ! non, missié Tom, j’peux pas. Ma maîtresse elle m’arracherait la tête, c’est sûr et certain. – Elle ! Elle ne donne jamais de correction à personne, à part un bon coup de dé à coudre sur la tête, ce n’est pas bien méchant, non ? Elle dit des choses terribles, mais les paroles, ça ne fait pas de mal, sauf si elle crie un peu trop fort. Je vais te faire un cadeau magnifique. Je vais te donner une bille toute blanche ! » Jim commençait à se laisser fléchir. Oui, Jim, une bille toute blanche. – Ça, missié Tom, c’est un beau cadeau, mais j’ai peur de ma maîtresse… – D’ailleurs, si tu me passes ton seau, je te montrerai la blessure que j’ai au pied. » Après tout, Jim n’était qu’une créature humaine… La tentation était trop forte. Il posa son seau à terre et prit la bille. L’instant d’après, Jim déguerpissait à toute allure, le seau à la main et le derrière en feu ; Tom badigeonnait la palissade avec ardeur tante Polly regagnait la maison, la pantoufle sous le bras et la mine triomphante. L’énergie de Tom fut de courte durée. Il commença à songer aux distractions qu’il avait projetées pour ce jour-là et sa mauvaise humeur augmenta. Ses camarades n’allaient pas tarder à partir en expédition et ils se moqueraient bien de lui en apprenant qu’il était obligé de travailler un samedi. Cette pensée le mettait au supplice. Il tira de ses poches tous les biens qu’il possédait en ce bas monde des débris de jouets, des billes, toutes sortes d’objets hétéroclites. Il y avait là de quoi se procurer une besogne moins rude en échange de la sienne, mais certes pas une demi-heure de liberté. Il remit en poche ses maigres richesses et renonça à l’idée d’acheter ses camarades. Soudain, au beau milieu de son désespoir, il eut un trait de génie. Il reprit son pinceau et s’attaqua de nouveau à la palissade. Ben Rogers, celui dont il redoutait le plus les quolibets, apparaissait à l’horizon. Il grignotait une pomme et, de temps en temps, poussait un long ululement mélodieux, suivi d’un son grave destiné à reproduire le bruit d’une cloche, car Ben s’était transformé en bateau à vapeur. Arrivé non loin de Tom, il réduisit la vitesse, changea de cap et décrivit un cercle majestueux comme il convenait à un navire calant neuf pieds. Il était à la fois Le Grand Missouri, son capitaine, les machines et la cloche, et il s’imaginait debout sur sa propre passerelle, en train de donner des ordres et de les exécuter. Stop ! Ding, ding ! » Le navire fila sur son erre et s’avança lentement vers Tom. Machine arrière ! Ding, ding ! » Les bras de Ben se raidirent, collés contre ses flancs. Droite la barre ! Tribord un peu ! Ding, ding ! Touf… Touf… Touf… » Sa main droite se mit à décrire des cercles réguliers car elle représentait l’une des deux roues à aubes du bâtiment. En arrière toujours ! La barre à bâbord ! Ding, ding ! Touf… Touf… » La main gauche cette fois entra en mouvement. En avant ! Doucement ! Ding, ding ! Laisse courir ! Touf… Touf… En avant toute ! Ding, ding ! Lance l’amarre ! Embarque la bosse ! Accoste ! Fini pour la machine ! » Tom continuait de badigeonner sa palissade sans prêter la moindre attention aux évolutions du navire. Ben le regarda bouche bée. Ah ! ah ! dit-il enfin, te voilà coincé, hein ? » Pas de réponse. Tom examina en artiste l’effet produit par son dernier coup de pinceau. Du coin de l’œil, il guignait la pomme de son camarade. L’eau lui en venait à la bouche, mais il demeurait impassible. Hé ! bonjour, mon vieux, reprit Ben. Tu es en train de travailler ? » Tom se retourna brusquement et dit Tiens, c’est toi, Ben ! – Eh… Je vais me baigner. T’as pas envie de venir ? Évidemment, tu aimes mieux travailler. – Que veux-tu dire par travailler ? – Mais je parle de ce que tu fais en ce moment. – Oui, fit Tom en se remettant à badigeonner, on peut appeler ça du travail si l’on veut. En tout cas, je sais que ce truc-là me va tout à fait. – Allons, allons, ne viens pas me raconter que tu aimes ça. – Je ne vois vraiment pas pourquoi je n’aimerais pas ça. On n’a pas tous les jours l’occasion de passer une palissade au lait de chaux, à notre âge. » Cette explication présentait la chose sous un jour nouveau. Ben cessa de grignoter sa pomme. Tom, maniant son pinceau avec beaucoup de désinvolture, reculait parfois pour juger de l’effet, ajoutait une touche de blanc par-ci, une autre par-là. Ben, de plus en plus intéressé, suivait tous ses mouvements. Dis donc, Tom, fit-il bientôt, laisse-moi badigeonner un peu. » Tom réfléchit, parut accepter, puis se ravisa. Non, non, Ben, tu ne ferais pas l’affaire. Tu comprends, tante Polly tient beaucoup à ce que sa palissade soit blanchie proprement, surtout de ce côté qui donne sur la rue. Si c’était du côté du jardin, ça aurait moins d’importance. Il faut que ce soit fait très soigneusement. Je suis sûr qu’il n’y a pas un type sur mille, ou même sur deux mille, capable de mener à bien ce travail. – Vraiment ? Oh ! voyons, Tom, laisse-moi essayer un tout petit peu. Si c’était moi qui badigeonnais, je ne te refuserais pas ça. – Je ne demanderais pas mieux, Ben, foi d’Indien, mais tante Polly… Jim voulait badigeonner mais elle n’a pas voulu. Elle n’a pas permis à Sid non plus de toucher à sa palissade. Maintenant, tu comprends dans quelle situation je me trouve ? Si jamais il arrivait quelque chose… – Oh ! sois tranquille. Je ferai attention. Laisse-moi essayer. Dis… je vais te donner la moitié de ma pomme. – Allons… Eh bien, non, Ben. Je ne suis pas tranquille… – Je te donnerai toute ma pomme ! » Tom, la mine contrite mais le cœur ravi, céda son pinceau à Ben. Et tandis que l’ex-steamer, Le Grand Missouri, peinait et transpirait en plein soleil, l’ex-artiste, juché à l’ombre sur un tonneau, croquait la pomme à belles dents, balançait les jambes et projetait le massacre de nouveaux innocents. Les victimes ne manquaient point. Les garçons arrivaient les uns après les autres. Venus pour se moquer de Tom, ils restaient pour badigeonner. Avant que Ben s’arrêtât, mort de fatigue, Tom avait déjà réservé son tour à Billy Fisher contre un cerf-volant en excellent état. Lorsque Billy abandonna la partie, Johnny Miller obtint de le remplacer moyennant paiement d’un rat mort et d’un bout de ficelle pour le balancer. Il en alla ainsi pendant des heures et des heures. Vers le milieu de l’après-midi, Tom qui, le matin encore, était un malheureux garçon sans ressources, roulait littéralement sur l’or. Outre les objets déjà mentionnés, il possédait douze billes, un fragment de verre bleu, une bobine vide, une clef qui n’ouvrait rien du tout, un morceau de craie, un bouchon de carafe, un soldat de plomb, deux têtards, six pétards, un chat borgne, un bouton de porte en cuivre, un collier de chien mais pas de chien, un manche de canif, quatre pelures d’orange et un vieux châssis de fenêtre tout démantibulé. Il avait en outre passé un moment des plus agréables à ne rien faire, une nombreuse société lui avait tenu compagnie et la palissade était enduite d’une triple couche de chaux. Si Tom n’avait pas fini par manquer de lait de chaux, il aurait ruiné tous les garçons du village. Tom se dit qu’après tout l’existence n’était pas si mauvaise. Il avait découvert à son insu l’une des grandes lois qui font agir les hommes, à savoir qu’il suffit de leur faire croire qu’une chose est difficile à obtenir pour allumer leur convoitise. Si Tom avait été un philosophe aussi grand et aussi profond que l’auteur de ce livre, il aurait compris une fois pour toutes que travailler c’est faire tout ce qui nous est imposé, et s’amuser exactement l’inverse. Que vous fabriquiez des fleurs artificielles ou que vous soyez rivé à la chaîne, on dira que vous travaillez. Mais jouez aux quilles ou escaladez le mont Blanc, on dira que vous vous amusez. Il y a en Angleterre des messieurs fort riches qui conduisent chaque jour des diligences attelées à quatre chevaux parce que ce privilège leur coûte les yeux de la tête, mais si jamais on leur offrait de les rétribuer, ils considéreraient qu’on veut les faire travailler et ils démissionneraient. Tom réfléchit un instant aux changements substantiels qui venaient de s’opérer dans son existence, puis il se dirigea vers la maison dans l’intention de rendre compte de son travail à tante Polly.
Résumé du document Une vieille dame, Tante Polly, s'époumone en appelant Tom, un jeune garnement. Celui-ci sort prudemment mais est rattrapé dans sa fuite, la bouche tartinée de confiture. Pour le punir, la vieille dame saisit une badine mais le garçon, futé, parvient à la distraire et à détaler. Tante Polly délibère à voix haute et donne une peinture juste de l'éducation telle qu'on la concevait au 19ème siècle un enfant désobéissant est frappé et la vieille dame est très religieuse, parlant par paraboles. Comme sa tante l'avait prévu, Tom fait l'école buissonnière. Son demi-frère Sidney n'est pas aussi turbulent que lui ... Sommaire I Résumé de l'oeuvre II Analyse de l'oeuvreA. FocalisationB. Titre du romanC. Personnages D. ThèmesE. Interventions de l'auteurF. Raisons pour lesquelles on a aimé ou non ce livre Extraits [...] Marc Twain dépeint avec beaucoup d'ironie les affabulations de Tom. C'est ce regard d'adulte porté sur les protagonistes du récit qui fait aussi l'intérêt de ce livre il ne faut pas considérer Tom Sawyer comme un simple roman proche de l'autobiographie mais bien comprendre que les interventions de l'auteur, critique sur son époque et ses travers, fait la valeur du roman. Tom passe pour un garçon débrouillard, et pas naïf, et le narrateur enrichit le roman. Le lecteur se prend véritablement aux jeux car on en oublie presque que tout n'est qu'écriture. [...] [...] Tom connaît certes de nombreuses aventures mais nous en devinons souvent l'issue le garçon, malin et débrouillard, parvient toujours a dupé son prochain ou a retourner la situation à son avantage. On peut ainsi prendre pour exemple l'anecdote de la palissade à repeindre ou un autre extrême, les trois jours passés dans la grotte, qui toutes deux se finissent bien Cela peut donc dissiper l'intensité du récit à certains moments car, même lorsque Tom et Huck sont à l'étage supérieur de la Maison Hantée et craignent pour leur vie, nous lecteurs savons que rien de fatal ne peut leur arriver. [...] [...] Tom se promène dans les rues de Saint Petersburg et croise un garçon très bien habillé. S'en suit une scène assez comique où les garçons se toisent et se menacent sans pour autant faire quelque chose. Les garçons se battent finalement et quand Tante Polly voit l'état des vêtements du garçon, elle le prive de sortie Comme punition, Tom doit repeindre une palissade. Il rencontre Jim, l'esclave nègre, qui va puiser de l'eau et tente de le convaincre d'échanger leur besogne. [...] [...] Joe l'Indien est la figure terrifiante de ce récit car il n'hésite pas à employer les grands moyens D'autres figures d'adultes, mais cette fois incarnant la droiture, se trouvent dans le roman le vieux Gallois, la veuve Douglas qui souhaite s'occuper de Huck, Mme Harper ou encore le maître d'école, qui corrige ses élèves à la moindre occasion. Thèmes Le thème principal du roman est bien sûr celui de l'enfance mais il ne faut pas pour autant cantonner Les aventures de Tom Sawyer à un simple roman d'apprentissage. [...] [...] Tom creuse le sol à la recherche d'un coffre enterré quelques temps auparavant et dans lequel, grâce à une incantation, doit se trouver la bille enfouie et toutes celles perdues au jeu. Tom est furieux de n'en trouver qu'une seule. Cela n'ébranle pas ses certitudes une sorcière a dû jeter un sort à son coffre. Pour retrouver la première bille jetée au loin, il lance sa petite soeur Soudain, il entend une trompette d'enfant c'est Joe Harper, jouant Guy de Guisborne alors que Tom est Robin des Bois. [...]
Résumé Plan Texte Bibliographie Notes Citation Auteur Résumés Cet article étudie six versions différentes de Les aventures de Tom Sawyer de Mark Twain, parues en France entre 1884 et 1963. La plupart des versions se présentent comme des traductions. Le but est de tenter d’établir une distinction entre traductions et adaptations dans le contexte de la littérature pour enfants dans la mesure où le texte a principalement été traduit/adapté pour un public jeune. Les manipulations sont expliquées en termes d’ambivalence et d’ironie le fait de s’adresser à deux publics à la fois, de répertoire ensemble de modèles pré-existants disponibles pour le traducteur et de position périphérique de la littérature pour enfants à l’intérieur du système littéraire. Enfin, le rôle joué par l’édition dans ces orientations est analysé. The paper examines 6 different versions of The Adventures of Tom Sawyer by Mark Twain, published in France between 1884 and 1963. Most versions are presented as translations. The aim is to draw a tentative line between translations and adaptations within the context of children’s literature since the text has mainly been translated/adapted with a younger audience in mind. The manipulations are accounted for in terms of ambivalence and irony addressing two audiences at once, repertoire whatever pre-existing models are available to translators, and the peripheral position of children’s literature within the literary system. Finally, the role played by the publishing industry is de page Texte intégral 1Les traductions et adaptations de Tom Sawyer sont nombreuses. Il en existe au moins sept entre 1884 et 1963. Cette prolifération est l’indice du succès de l’ouvrage en France mais également d’une difficulté réelle à rendre l’œuvre, si bien que sous un titre identique se cachent des réalités textuelles très différentes. En 1884 paraît une adaptation dans la tradition des “belles infidèles” alors que la version la plus récente, en 1963, s’approche davantage d’une véritable traduction. Pour autant, il est impossible de dégager une progression linéaire reliant ces deux versions. En effet, la première adaptation de 1884 est suivie dès 1904 d’une traduction signée François de Gaïl de même que la traduction de Maury en 1963 est précédée d’une adaptation signée Geneviève Meker en 1962. Traductions et adaptations coexistent donc plus qu’elles ne se succèdent et il peut même arriver qu’elles cohabitent au sein du même texte. Traductions et adaptations forment des catégories qui ne sont ni étanches ni homogènes si bien que certains textes ont un statut mal défini. C’est ainsi qu’hormis les deux cas d’adaptation qui viennent d’être évoqués, et la traduction de 1963, il est difficile d’établir avec certitude le statut exact des autres versions, celles de Gaïl 1904, Caillé 1938 et Breton 1946 se situant dans une zone incertaine. 2La multiplicité des traductions est le résultat de plusieurs niveaux de contraintes découlant du statut diffus de l’œuvre ainsi que de son évolution progressive au sein de l’espace littéraire anglophone et américain, ce qu’il convient d’appeler sa canonisation. Ouvrage adressé à deux publics, il est foncièrement ambivalent et l’ambivalence peut justement s’avérer être un critère permettant de mieux distinguer entre adaptations et traductions. Les adaptations, de la scolarisation à la société de loisirs 3Il faut signaler le statut particulier de l’adaptation dans le cadre de la littérature pour enfants. Dans ce contexte, elle ne se limite pas au transfert de textes d’une langue à l’autre, mais peut renvoyer à une pratique existant au sein d’une même langue. Comme l’a dit Marc Soriano dans son Guide de littérature pour la jeunesse 1 Voir Soriano, 1975, p. 29. Adapter un livre pour la jeunesse, c’est prendre un livre qui ne lui est pas spécialement destiné et lui faire subir un certain nombre de modifications — il s’agit, en général, de coupures — qui le font correspondre aux intérêts et à la compréhension des jeunes, en bref qui rendent sa lecture possible pour ce nouveau public1. 4Il peut alors sembler paradoxal d’adapter Tom Sawyer dans la mesure où il s’agit d’un ouvrage qui est perçu comme s’adressant à un public jeune. Ceci indique que tous les éléments du texte ne sont pas exclusivement destinés aux enfants. L’adaptation va alors consister à sélectionner certains éléments du texte afin de les faire correspondre aux intérêts et à la compréhension de la jeunesse, des notions qui semblent être sujettes à évolution comme en témoignent les adaptations de Hughes et Meker qui reflètent chacune une vision particulière de l’enfance. De l’enfant à l’écolier, la scolarisation du texte 2 La première adaptation de Huckleberry Finn en France, également traduite par Hughes et publiée che ... 3 La suppression du chapitre XXII est une pratique majoritaire au sein du corpus dans la mesure où s ... 5Bien que se présentant comme une traduction, la première version française signée William-Little Hughes peut aisément se ranger dans la tradition des “belles infidèles” tant les écarts avec l’original sont nombreux. Ceux-ci sont le fruit de différentes influences qui agissent sur le texte. En effet, la date de parution du texte de Hughes, 1884, n’est pas indifférente car depuis trois ans la Loi Jules Ferry rend l’école gratuite, obligatoire et laïque. Cette scolarisation massive crée de nouveaux marchés pour l’édition du livre pour enfants. Un fonds d’ouvrages adapté à ce nouveau public se constitue, il est composé d’une abondante littérature hexagonale, mais recours est également fait à l’importation d’œuvres étrangères. Ces ouvrages pouvaient rejoindre les bibliothèques, servir de récompense lors de remises de prix ou être offerts comme livres d’étrenne2. Tout ce contexte est perceptible dans l’adaptation de Hughes. La Loi Jules Ferry agit comme un cadre normatif qui conditionne un certain nombre d’aménagements. C’est ainsi que contrairement à Twain, Hughes n’hésite pas à donner un âge précis aux enfants afin de les faire correspondre au public visé. L’école et son rôle sont valorisés ce qui entraîne la suppression du chapitre XXII qui relate l’humiliation de l’instituteur3. Les références à la bible sont gommées dans le cadre de la laïcité, les éléments culturels sont bannis et les références intertextuelles changées. Par ces ajustements, le texte se trouve être lui-même scolarisé et devient un instrument univoque au service d’une idéologie qui rend son contenu didactique premier. 4 Twain 1876 1952, p. 198. 5 Hughes, 1884 1961, p. 181. 6C’est dans la conclusion que les divergences entre original et traduction apparaissent de façon explicite. En effet, c’est à cet endroit du roman que Twain révèle la nature de son entreprise “So endeth this chronicle. It being strictly the history of a boy, it must stop here ; the story could not go much further without becoming the history of a man4”. Chez Twain, il y a une claire opposition entre les termes “boy” et “man” qui apparaissent comme les deux pôles d’un processus dynamique de maturation, l’enfance étant perçue dans sa globalité comme une étape vers l’âge adulte. La version de Hughes témoigne d’une démarche différente “Ainsi finit cette chronique. Comme je n’ai voulu raconter que l’histoire d’un écolier, il me serait difficile d’aller plus loin sans sortir du cadre que je me suis tracé5”. La suppression de l’opposition “boy / man” et leur fusion dans le terme unique “écolier”, aboutit à une vision beaucoup plus réductrice de l’enfance. Tout au long du texte, le mot “écolier” est d’ailleurs récurrent et vient se substituer à une variété de noms ou bien aux prénoms des personnages. D’une manière significative, il s’applique aux enfants dans des situations scolaires aussi bien qu’extrascolaires Voir Fascicule des textes de référence, exemple 1. 6 La réédition de 1961 est d’ailleurs un événement majeur dans le parcours de cette version car elle ... 7En dépit des excès qui caractérisent le texte de Hughes, son adaptation, assortie de la mention “traduit avec l’autorisation de l’auteur”, eut une autorité certaine et fut rééditée en 19616. Cette adaptation constitue un point d’origine, une référence, et les différents retraducteurs sont contraints de se positionner en fonction de cette version dans un rapport polémique on cherche à s’en éloigner ou mimétique le texte est réutilisé. Avant que d’évaluer cette influence de la version de Hughes sur les versions suivantes, il convient de se tourner vers une autre adaptation qui obéit à des contraintes différentes. La société de loisirs 8La démarche de Geneviève Meker en 1962 se situe à l’opposé de celle de Hughes. Sa version est présentée à la fois comme une adaptation et une traduction. L’adaptation consiste en une élision considérable de certaines parties du texte, les efforts de Meker se concentrant sur le déroulement de l’intrigue principale, c’est-à-dire la chasse au trésor et l’enquête autour de l’assassinat du docteur Robinson. Le procédé qui consiste à concentrer le récit autour d’une intrigue très resserrée est une des recettes en matière de littérature pour enfants comme le signale l’écrivain britannique Nina Bawden 7 Bawden, p. 6. Writing for children is not easier than writing for adults ; it is different. The story-line, clearly, has to be stronger... The clue to what they really enjoy is what they reread, what they go back to, and this is almost always a book with a strong narrative line7. 9Conformément à ce principe, la plupart des épisodes concernant les péripéties de Tom à l’école et à l’école du dimanche sont supprimés ainsi que les références à la bible. Meker retient essentiellement les aventures extrascolaires et l’avancement de l’intrigue principale, alors que le texte original est bâti autour d’une alternance entre aventures scolaires et extrascolaires. Chez Meker, l’ouvrage sort du cadre scolaire afin de toucher l’enfant dans la sphère de ses loisirs et il est appréhendé non comme un écolier mais comme un aventurier enquêteur. Cette démarche reflète une évolution dans la conception de l’enfance après la Seconde Guerre mondiale, comme le signale Isabelle Jan 8 Jan, pp. 11-12. Lorsqu’on s’est rendu compte que l’école n’était pas le seul lieu éducatif et que, à la suite des enquêtes et des travaux sociologiques américains et, en France, de Georges Friedmann et de son équipe, on a admis, de bon ou de mauvais gré, que, en France comme aux États-Unis et dans tout autre pays industrialisé, l’enfant s’instruisait autant à “ l’école parallèle” qu’entre les quatre murs de l’institution8. 10Il faut noter par ailleurs que contrairement à ce qui se passe chez d’autres traducteurs, Meker semble ne tenir aucun compte des versions précédentes et les parties effectivement traduites sont bien de son fait. Son travail étant basé sur la sélection et l’élision, la réécriture d’un fil conducteur ne lui permet pas de reprendre le travail de ses prédécesseurs, qui pourrait contenir des éléments devenus indésirables et propres à gêner la compréhension du lecteur s’ils étaient conservés. 11Situées à près de 80 ans d’intervalle, ces deux adaptations de Tom Sawyer témoignent d’un glissement dans la conception de l’enfance. Chez Hughes, le texte est un instrument visant à l’éducation des élèves français et la composante éducationnelle y est dominante. Meker s’approche davantage d’une narration pure à la façon d’un conte comme le montre le choix du passé dans sa traduction de la conclusion Voir Fascicule des textes de référence, exemple 2. 12Au-delà de cette opposition, ces adaptations ont en commun de n’accorder que peu de place aux éléments culturels et à la représentation du langage des enfants. Alors que dans l’original se déploie la parole enfantine à tous les niveaux du discours, les adaptations n’en tiennent que peu compte et suppriment largement les dialogues. Il semblerait que plus le public jeune est explicitement visé, moins son langage est représenté. C’est pourquoi il est permis de se demander si la représentation du discours des enfants n’intéresse pas, au premier chef, les adultes. Les traductions-adaptations, de l’ambivalence à la monovalence 13Une autre série de textes est plus problématique. Il s’agit des versions de Gaïl 1904, Caillé 1938 et Breton 1946. Ces textes s’apparentent davantage à des traductions dans la mesure où le respect de l’intégralité du texte y est plus grand sans être toutefois maximal et le travail des traducteurs ne semble pas obéir à d’autres contraintes que celles imposées par le texte. Pourtant, ces versions paraissent dans des collections destinées à la jeunesse ou contiennent des manipulations qui témoignent d’un ajustement consécutif à une réduction du public potentiel. Statut diffus de l’œuvre 14Pour appréhender ce phénomène il convient de s’attarder sur le statut diffus du texte original. Comme il l’indique clairement dans sa préface, l’auteur s’adresse à plusieurs publics “Although my book is intended mainly for the entertainment of boys and girls, I hope it will not be shunned by men and women on that account, for part of my plan has been to try pleasantly to remind adults of what they once were themselves [...]” Cette préface a un contenu apologétique qui semble être typique des écrivains pour enfants mais elle dessine néanmoins un lectorat aux larges contours. L’auteur vise toute la jeunesse, garçons ou filles et tous les adultes, hommes et femmes. L’enjeu de la conquête du public adulte est double puisque c’est lui qui va décider si l’ouvrage est effectivement à mettre entre les mains des enfants. Pour les trois versions en question, 1904, 1938 et 1946, la traduction de la préface révèle la perspective adoptée puisque dans chaque version, le terme “adult” n’a pas été rendu pendant que “men and women” a été traduit par “grandes personnes”, une expression dont les connotations enfantines indiquent un ciblage plus précis et donc une réduction du public potentiel Voir Fascicule des textes de référence, exemple 3. Ambivalence du texte 15Par ailleurs, afin de séduire les adultes, Twain introduit dans son texte un certain nombre d’éléments qui s’adressent à eux par-delà le public enfantin et qui lui permettent de ménager un double auditoire. Ainsi le texte atteint un certain degré de sophistication sous la forme de l’ironie, celle-ci étant principalement perçue par les adultes. La négociation de cette ironie est un des outils qui permet d’évaluer le degré d’adaptation d’un texte comme le signale Shavit Zohar dans Poetics of Children’s Literature 9 Shavit, p. 124. In addition, many translators feel uneasy in presenting ironical attitudes toward life and toward grown-ups that do not suit the values a child should be acquiring through literature. They justify their omission of irony by suggesting that such sophisticated attitudes, which demand a two-dimensional confrontation, cannot be understood by the child. Hence, whenever it is possible, the level of irony is totally excluded so as to make the text less complicated9. 16Le texte de Twain est précisément bâti autour de cette confrontation bi-dimensionnelle, il est ambivalent. Monovalence des traductions 10 Gaïl, 1904 1969, p. 16. 11 Caillé, 1938, p. 29. 17Dans le souci d’adapter le texte à la compréhension de l’enfant, les traducteurs sont amenés à opérer un passage de l’ambivalence à la monovalence. Ce parti pris de monovalence se confirme clairement chez Gail et Caillé dans le très connu chapitre II, celui où est décrit l’épisode du badigeonnage de la palissade par Tom. Le chapitre se termine par des considérations générales sur la nature humaine et le rapport entre plaisir et travail. L’épisode présente une attitude ironique et condescendante envers la vie et les adultes éclairée par un exemple chez les enfants. Les traducteurs Gaïl et Caillé ne renoncent pas à traduire ce passage, en vertu, sans doute, du parti pris d’exhaustivité qui est le leur. Cependant tous les deux concluent le chapitre par un rajout “Tom réfléchit un instant aux changements qui venaient de se produire dans sa situation sociale [...]10” et “Tom réfléchit un instant aux changements substantiels qui venaient de s’opérer dans son existence, [...]11” Voir Fascicule des textes de référence, exemple 4. Les deux traducteurs récupèrent donc l’adresse directe du narrateur au lecteur adulte pour la transformer rétrospectivement en pensées de Tom. La relation entre le narrateur et le lecteur adulte est court-circuitée au profit de celle entre le narrateur et le lecteur enfant. C’est en ce sens que, bien que se rapprochant du modèle en vigueur dans la traduction de textes pour adultes, ces versions restent en partie des adaptations dans leur négociation de l’ironie et peuvent être vues comme établissant un compromis entre traduction et adaptation. Par ailleurs, le plus grand respect de l’intégralité du texte entraîne une prise en compte du discours des enfants, notamment sur le plan quantitatif, mais celui-ci reste largement adapté puisqu’il obéit à un modèle de correction adulte. Retraduction et adaptation 12 Un autre critère déterminant dans le choix de la version servant de base à la retraduction pourrai ... 18La version de Breton en 1946 est sans doute celle qui mérite le plus le statut hybride de traduction-adaptation. En effet, alors qu’il la présente comme une traduction, elle s’appuie largement sur celle de William-Little Hughes dont des passages entiers sont réutilisés, rajouts inclus Voir Fascicule des textes de référence, exemple 5. L’impression qui se dégage à la lecture de la version de Breton est celle d’une co-présence à égalité des textes de Hughes et de Twain. Breton semble accorder, hormis pour les dialogues et certains passages narratifs, la même autorité aux deux textes. La nouveauté n’est cependant pas exclue de la version de Breton dont l’attention s’est essentiellement portée sur les parties dialoguées dont l’intégralité est davantage respectée que chez Hughes. Le discours des enfants est souvent remanié afin de lui donner un ton plus vivant et plus proche du texte. Ce choix d’un retour à la traduction de Hughes peut s’expliquer de diverses façons. Tout d’abord, cette version jouit, comme il a déjà été signalé, de la mention “paru avec l’autorisation de l’auteur”. En outre, peut-être Breton a-t-il voulu instaurer une distanciation par rapport à la version de Caillé parue seulement huit ans auparavant. Dans la mesure où il est possible de percevoir également au sein de la version de Breton une influence de la traduction de Gail 1904, il est possible que Breton se trouve dans un rapport polémique avec Caillé mais mimétique avec Hughes et Gaïl. L’influence des traductions précédentes dans la retraduction de Breton est inversement proportionnelle à leur proximité dans le temps12. 19Parce qu’ils concernent des extraits parfois conséquents du texte, les emprunts de Breton à Hughes apparaissent de façon flagrante. Cependant, aucune retraduction n’est exempte d’influences et d’une manière générale chaque nouvelle version entretient des rapports étroits avec les traductions qui l’ont précédée. Le texte original n’est plus le seul convoqué, mais des échos des autres versions résonnent dans chaque nouvelle traduction. Traduction de Maury, 1963 Rapprochement vers les normes de traduction “adulte” 20L’étude des traductions et adaptations de Tom Sawyer montre que simplification et réduction sont à l’œuvre dans un souci de mettre le roman à la portée des enfants. Cette simplification a pour effet de ne pas véritablement permettre au roman de conquérir le public adulte qui est visé par l’auteur. Pour parvenir à cet objectif, la traduction se doit de respecter un certain degré de complexité comme le signale Shavit Zohar 13 Shavit, 1986, p. 125. In contrast to adult canonized literature, in which the norm of complexity is the most prevalent today, the norm of simple and simplified models is still prominent in most children’s literature canonized and non-canonized, as is also the case with the non-canonized adult system13. 14 Lors de sa réédition en 1990 dans une anthologie dédiée à Twain parue chez Robert Laffont, cette v ... 21Le texte de Maury en 196314 tente de rompre avec l’adaptation et se signale justement par l’application des normes en vigueur au sein de la traduction d’œuvres canonisées pour adultes. L’intégralité du texte y est respectée et l’élision est un phénomène extrêmement marginal. Cette application des normes gouvernant la traduction de textes pour adultes répond sans doute au besoin de traiter l’œuvre avec “sérieux”. La canonisation de Tom Sawyer au sein de la littérature américaine, l’émergence de cette même littérature comme domaine autonome et le rôle croissant joué par la culture américaine en France après la Seconde Guerre Mondiale contribuent à créer un contexte favorable à une application de normes différentes. Les choix portent notamment sur le respect de l’intégralité et la prise en compte des éléments culturels. À la lecture, la traduction de Maury apparaît comme sérieuse et rigoureuse, cependant, le contenu satirique et ironique en est vidé ainsi que certains traits stylistiques. Persistence de la monovalence 15 Twain, 1876, 1952, p. 41. 16 Maury, 1963, 1990, p. 31. 17 Caillé, 1938, p. 46. 18 Breton, 1946, p. 29. 22Contrairement à ce qui se passait dans les autres traductions, la monovalence va se signaler chez Maury non par des rajouts ou des élisions mais uniquement par des modifications au niveau micro-textuel. Ceci apparaît avec une acuité particulière dans le passage du chapitre IV où est dépeint le spectacle de l’effervescence occasionnée dans la petite communauté de Saint Petersburg par la présence d’un invité de marque. Ce passage est placé sous le signe d’une fusion des points de vue et d’une double ironie. La fusion des points de vue est réalisée par l’intégration au sein du discours du narrateur de mots ou expressions relevant du discours des enfants signalés par la présence de guillemets. Dans le passage en question, l’expression récurrente “show off” dans le sens de “crâner”, “faire l’intéressant” est utilisée pour qualifier la conduite des adultes aussi bien que des enfants. Maury rend “show off” par une palette d’expressions “faire le fanfaron / faire le paon / faire la roue / se pavaner”. L’emprunt au vocabulaire enfantin est perdu ainsi que l’appareil citationnel sous la forme des guillemets qui permettait de le mettre en évidence. Par ailleurs, le narrateur apporte une touche satirique dans le passage qui dépeint l’agitation du bibliothécaire “The librarian showed off,’ running hither and thither with his arms full of books and making a deal of the splutter and fuss that insect authority delights in15”. Maury traduit ainsi “Le bibliothécaire faisait le paon, lui aussi, courant de droite et de gauche, les bras plein de livres et goûtant de véritables délices dans cette vaine agitation de mouche du coche16”. L’image suggérée par la référence à la “mouche du coche” est une trouvaille héritée de William Hughes. Elle contribue au portrait du bibliothécaire sans véritablement avoir les mêmes implications satiriques et générales du “insect authority” de l’original Voir Fascicule des textes de référence, exemple 6. Maury rejoint ici les traducteurs précédents dans la réduction de l’ironie. En effet Caillé avait opté pour “comme un insecte laborieux17” et Breton pour “agité comme une fourmi18”. 23Le passage qui vient d’être évoqué est loin d’être unique quant à son fonctionnement. L’alternance du point de vue enfant et de remarques satiriques ou ironiques crée la dynamique du texte. Il apparaît évident que le souci de respecter l’intégralité n’implique pas que tous ses éléments vont conserver la même fonction. Cette déperdition fonctionnelle interdit de facto au roman de conquérir un public adulte. Il y a une tendance à se rapprocher du modèle de traduction en vigueur au sein de la littérature pour adulte ainsi qu’une difficulté à atteindre un tel objectif. Rôle de l’édition et notion de répertoire 24Des différences structurelles entre l’édition dans les deux pays au moment de la parution de l’ouvrage ainsi que des divergences dans l’organisation des différents systèmes littéraires en termes de répertoires, pourraient expliquer les difficultés des traducteurs à réaliser la synthèse des publics. L’édition 25Isabelle Jan a souligné la structure de l’édition en France basée sur la segmentation des publics 19 Jan, 1977, p. 13. La liaison livres scolaires — livres de loisir est un phénomène propre à l’édition française et explique en grande partie le caractère conservateur de l’édition enfantine française par rapport aux éditions étrangères, où la littérature pour enfants est beaucoup plus liée à la librairie générale !...]19. 26Ce constat est valable pour la période de parution de Tom Sawyer. Les travaux de William Charvat ont montré comment l’édition américaine fut en voie de stabilisation tout au long du dix-neuvième siècle. Le peu de fiabilité du réseau de communications, la concurrence féroce entre les différentes maisons d’édition et les différents centres d’influence, l’absence d’accords sur les copyrights et donc la concurrence déloyale des produits britanniques, ne permettaient pas aux éditeurs américains de se livrer à une segmentation du public aussi systématique qu’en France. La préface de Tom Sawyer, déjà citée, résume bien le problème. Il s’agit, dans un souci de rentabilité et d’efficacité de s’adresser au public le plus large possible. Le caractère structuré de l’édition en France, où distinction est faite entre édition pour enfants et pour adultes, contraste avec son état embryonnaire au même moment aux États-Unis. L’édition française pour enfants est notamment organisée en collections qui permettent une publicité à moindre coût. Ces différences structurelles aboutissent au confinement de Tom Sawyer à la seule édition jeunesse et expliquent la persistance de l’adaptation par l’érosion de l’ambivalence et la moindre prise en compte de la parole des enfants. Nouveauté du répertoire 20 Even-Zohar, 1985, p. 109. 27De même qu’au moment de la parution de Tom Sawyer l’édition américaine est en pleine phase de structuration, la littérature américaine n’est pas encore fixée ni établie comme domaine spécifique et autonome. Ceci permet, par rapport aux autres littératures, l’intégration de modèles nouveaux. La notion de répertoire développée par Itamar Even-Zohar apporte un éclairage sur ce phénomène. Le répertoire est un ensemble “délimité, préfabriqué et accessible d’expressions et de locutions toutes faites20”. Le roman de Twain donne une large place au discours des enfants à tous les niveaux, du discours direct au discours du narrateur. La parole enfantine apparaît dans l’original avec un certain nombre de traits spécifiques et constitue un domaine langagier dont la représentation est inédite. Even-Zohar signale le fait que la traduction permet de révéler de façon particulièrement aiguë l’existence des répertoires 21 Even-Zohar, 1985, p. 113. On peut dès lors soutenir que dans une culture donnée, il existe un répertoire de situations possibles susceptibles d’être narrées ou décrites, ainsi que des sous-répertoires paradigmes. Les travaux de recherche dans le domaine de la traduction montrent bien que lorsque le traducteur, confronté à la tâche de transposer d’une langue à l’autre la description d’une situation, découvre que cette dernière est inexistante ou prohibée dans son répertoire national, il entreprend soit de la rayer purement et simplement, soit de jouer avec ses composantes de manière à la conformer aux modèles en cours dans sa propre culture. C’est dire que les substitutions de réalèmes, les élisions et les amplifications constituent des procédures de traduction normales21. 28L’élision est effectivement courante dans les adaptations de Tom Sawyer et c’est paradoxalement le discours des enfants qui subit le plus de suppressions. Au fil des traductions, c’est ce domaine stylistique qui appelle le plus de remaniements. En dépit des efforts déployés, la prise en compte est plus quantitative que qualitative. La substitution se signale à la fois par une élévation du niveau de langue et un recours occasionnel à l’argot. La parole enfantine est adaptée dans la mesure où elle est calquée sur un modèle adulte. Ceci aboutit à une neutralisation de l’ironie constitutive du récit et prive paradoxalement les adultes de passages qui leur sont destinés. Le cadre contraignant de l’édition pour enfants en France est largement responsable de ces choix de traduction. La littérature pour enfants constitue un système plus conservateur que les autres, des contraintes pédagogiques et didactiques pèsent sur elle. Seuls des modèles préalablement établis dans la littérature pour adultes peuvent s’y transposer. On pourra donc trouver dans la littérature pour enfants des pratiques qui sont désuètes ailleurs de même qu’il ne lui appartient pas d’introduire des modèles nouveaux. Ce contexte ne permet pas aux traducteurs de rendre complètement le langage des enfants car ils n’ont ni les moyens stylistiques ni la marge de manœuvre nécessaire pour une prise en compte maximale de ce répertoire. Contrairement à ce qui s’est passé dans la littérature américaine où la nouveauté a pu émerger grâce à et par Tom Sawyer et Huckleberry Finn, il semblerait que le système français ne permette pas véritablement à des œuvres pour enfants de servir de vecteur à l’instauration de modèles nouveaux. 29Les traductions et adaptations de Tom Sawyer reflètent la conception que se fait chaque époque de l’enfance. Elles reflètent également l’évolution dans la perception de l’œuvre et de son rôle au sein de la littérature américaine. Importé dans un souci pédagogique et didactique à une époque, instrument de l’avènement de la société de loisirs à une autre, soumis aux règles plus rigoureuses et plus sélectives dans la segmentation des publics en France, le roman connaît de multiples métamorphoses. Chaque version éclaire un aspect de l’œuvre sans qu’aucune ne parvienne à opérer la synthèse des publics qui fait la structure de l’original. La stabilisation relative, perceptible dans la coexistence d’adaptations clairement destinées aux enfants et de traductions visant à s’approcher d’un modèle adulte, témoigne de la difficulté à négocier le statut diffus du roman. Des décalages successifs conditionnent le transfert de l’œuvre d’une culture à l’autre. Ouvrage emblématique d’une littérature et d’une édition américaines en phase d’émergence, Tom Sawyer est le roman d’une genèse. En traversant l’Atlantique, l’ouvrage se voit intégré à une tradition établie autour de structures relativement figées en termes d’édition et de répertoire. 30Chaque traducteur ou adaptateur a cependant permis une progression qui vise à respecter davantage le texte notamment sur le plan quantitatif et culturel. Néanmoins, tout en étant présents dans les traductions, certains éléments sont vidés de leur contenu satirique ou ironique pendant qu’au plan stylistique la parole des enfants pourrait être davantage prise en compte. Il y a donc, en dépit du nombre et de la qualité des traductions déjà existantes, un espace où peut se jouer une retraduction des Aventures de Tom Sawyer. Haut de page Bibliographie Sources primaires TWAIN, Mark, The Adventures of Tom Sawyer, Londres Glasgow, Collins London and Glasgow, 1876 1952. —, par Hughes Paris, Éditions D’Art Lucien Mazenod, 1884 1961. —, traduit par de Gaïl F., Paris, Mercure de France, 1904 1969. —, traduit par Caillé, Paris, Hachette, 1938. —, traduit par Breton, Paris, Éditions Hier et Aujourd’hui, 1946. —, traduit et adapté par Meker G., Paris, Société Nouvelle des éditions 1962. —, traduit par Maury P., Paris, Robert Laffont, 1963 1990. Sources secondaires BAWDEN, Nina, “A Dead Pig and My Father”, Children’s Literature in Education 5 3-13, 1974. BERMAN, Antoine, Pour une critique des traductions John Donne, Paris, Gallimard, 1995. CHARVAT, William, The Profession of Authorship in America 1800-1870, New York, Columbia University Press, 1968 1992. 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STEINER, Georges, Après Babel, une poétique du dire et du traduire, Paris, Albin Michel, 1975 1998. Haut de page Notes 1 Voir Soriano, 1975, p. 29. 2 La première adaptation de Huckleberry Finn en France, également traduite par Hughes et publiée chez le même éditeur et dans la même collection que Tom Sawyer, est mentionnée dans la Revue des Deux Mondes sous la rubrique “livres d’étrenne” Maniez, p. 77. Livres d’étrenne et de prix ont en commun le soin apporté à leur facture ainsi que la qualité de leurs illustrations et ils sont souvent pris pour synonymes. Il existe des indices montrant que la maison d’édition A. Hennuyer, dans un contexte de bipolarisation entre éditeurs laïques et religieux, travaillait en étroite collaboration avec le ministère de l’Instruction Publique pendant que William-Little Hughes était lui-même employé au ministère de l’Intérieur Maniez, p. 75. C’est pourquoi il est possible de parler d’une scolarisation du texte au sens où l’existence de l’institution scolaire exerce une influence sur le projet et les choix de traduction. 3 La suppression du chapitre XXII est une pratique majoritaire au sein du corpus dans la mesure où seules les versions de Gaïl 1904 et Maury 1963 le conservent. 4 Twain 1876 1952, p. 198. 5 Hughes, 1884 1961, p. 181. 6 La réédition de 1961 est d’ailleurs un événement majeur dans le parcours de cette version car elle paraît aux Éditions D’Art Lucien Mazenod dans une collection pour adultes. Le paratexte de cette réédition présente la mention “traduit avec l’autorisation de l’auteur” comme un gage irréfutable de qualité. 7 Bawden, p. 6. 8 Jan, pp. 11-12. 9 Shavit, p. 124. 10 Gaïl, 1904 1969, p. 16. 11 Caillé, 1938, p. 29. 12 Un autre critère déterminant dans le choix de la version servant de base à la retraduction pourrait être d’ordre idéologique et politique. En effet, la version de Tom Sawyer signée Breton paraît en 1946 aux Éditions Hier et Aujourd’hui, maison spécialisée dans les ouvrages traitant du communisme et de l’ Cette maison publiera deux ans plus tard la première véritable traduction de Huckleberry Finn signée Suzanne Nétillard. Par ailleurs, que l’édition française se trouve au lendemain de réutiliser la version de Hughes plutôt qu’une autre pourrait découler d’une proximité et d’une convergence idéologique en terme de laïcité et de vision égalitaire de la société. Par contraste, les versions de Gaïl et Caillé sont parues respectivement chez Mercure de France et Hachette, des maisons plus conservatrices et plus soucieuses du fait religieux. 13 Shavit, 1986, p. 125. 14 Lors de sa réédition en 1990 dans une anthologie dédiée à Twain parue chez Robert Laffont, cette version est présentée comme étant le fruit d’une collaboration entre Lucienne Molitor et Paul Maury. Cependant, dans l’édition originale, chez Verviers en 1963, qui réunit dans un même volume Tom Sawyer et Huckleberry Finn, le paratexte éditorial fait plutôt apparaître une répartition des tâches, Maury ayant traduit le premier et Molitor le second. 15 Twain, 1876, 1952, p. 41. 16 Maury, 1963, 1990, p. 31. 17 Caillé, 1938, p. 46. 18 Breton, 1946, p. 29. 19 Jan, 1977, p. 13. 20 Even-Zohar, 1985, p. 109. 21 Even-Zohar, 1985, p. de page Pour citer cet article Référence papier Ronald Jenn, Les Aventures de Tom Sawyer traductions et adaptations », Palimpsestes, 16 2004, 137-150. Référence électronique Ronald Jenn, Les Aventures de Tom Sawyer traductions et adaptations », Palimpsestes [En ligne], 16 2004, mis en ligne le 30 septembre 2013, consulté le 27 août 2022. URL ; DOI Haut de page Auteur Ronald Jenn Ronald Jenn est professeur agrégé dans le secondaire. Il vient de soutenir une thèse sur le thème de “La traduction de la rhétorique enfantine chez Mark Twain”. 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Éditions Conseil littéraire Correction de manuscrits La page demandée "/medmen-eustis-xbsrio/f13a77-les-aventures-de-tom-sawyer-r%C3%A9sum%C3%A9-de-chaque-chapitre" n'a pas pu être trouvée.
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